Si vous vous sentez parfois seul, sachez que des milliards de bactéries peuplent votre corps. La plupart sont des symbiotes pacifiques qui maintiennent l'équilibre interne de notre organisme.
Par exemple, Escherichia coli, ou E. coli, isolée en 1885 par le pédiatre allemand Theodor Escherich à partir de selles d'enfants en bonne santé. Initialement nommée Bacterium coli commune, elle a été renommée Escherichia coli en son honneur.
Cette bactérie s'installe dans nos intestins peu après la naissance. Elle aide à digérer les aliments, synthétise des vitamines et protège contre les pathogènes invasifs.
Cependant, certaines souches d'E. coli ont muté et sont devenues pathogènes. Un exemple majeur est les STEC (Shiga toxin-producing E. coli), productrices de toxines Shiga.
Les bovins sont les principaux réservoirs asymptomatiques des STEC. Ils les excrètent via leurs fèces, contaminant l'environnement. Les humains s'infectent via des aliments souillés par ces fèces.
Cela survient souvent par une hygiène défaillante à l'abattoir, laissant des résidus intestinaux sur la viande. La consommation de viande mal cuite en fait la "maladie du hamburger".
La contamination croisée touche aussi fruits et légumes (les végétariens ne sont pas épargnés), le contact direct avec du bétail infecté (zoos, fermes) ou des personnes porteuses.

Ces variants d'E. coli résistent à l'acidité gastrique, traversent l'estomac et adhèrent aux muqueuses intestinales. Ils y libèrent des toxines Shiga, classées comme armes biologiques potentielles.
Symptômes : crampes abdominales, diarrhée aqueuse évoluant en hémorragique. Dans 5-10 % des cas, les toxines perforent la muqueuse intestinale, gagnent la circulation sanguine et provoquent une insuffisance rénale aiguë (syndrome hémolytique et urémique).
Les enfants de moins de 5 ans et les personnes âgées de plus de 65 ans sont les plus vulnérables. Les antibiotiques aggravent la production de toxines ; aucun traitement curatif n'existe à ce jour.
Sous le principe "mieux vaut prévenir que guérir", des recherches visent à réduire le portage STEC chez les bovins, à la source du problème.
La vaccination du bétail est prometteuse : en injectant des antigènes bactériens, on stimule la production d'anticorps, rendant les intestins moins hospitaliers aux STEC. Moins de bactéries animales signifie moins de contaminations alimentaires et humaines.

Les zoonoses sont les maladies transmissibles des animaux aux humains (bactéries, virus, parasites, champignons). Exemples : paludisme (moustiques), Lyme (tiques), salmonellose (volailles, porcs, bovins), grippe aviaire, Ebola (chauves-souris), ou Covid-19.
La santé animale impacte directement la nôtre via consommation ou contact. Le concept "One Health" souligne l'interconnexion entre santé humaine, animale et écosystèmes.
En ciblant les réservoirs animaux, nous pourrons limiter ces menaces zoonotiques.
