Aujourd'hui, une vaste étude belge évalue si les médicaments actuellement utilisés pour traiter les rhumatismes peuvent atténuer la réponse inflammatoire excessive au Covid-19, limitant ainsi les lésions pulmonaires.
Environ un cinquième des patients Covid-19 hospitalisés présentent une hypoxie, avec essoufflement et confusion. Une réaction immunitaire exagérée dans les poumons provoque une inflammation intense et de graves dommages pulmonaires.
Cette inflammation est déclenchée par les cytokines, des médiateurs inflammatoires clés dans les rhumatismes et la goutte. « Les recherches en Chine et en Italie révèlent des niveaux élevés de cytokines chez les patients ventilés en soins intensifs », explique le Pr Bart Lambrecht, pneumologue à l'UZ Gent, directeur de recherche sur les maladies inflammatoires au VIB et coordinateur de l'étude. « Parfois, on parle même de 'tempête de cytokines'. »
L'UZ Gent, le Centre fédéral de connaissances pour la santé (KCE) et le VIB lancent une étude dans neuf centres belges. Elle teste si un traitement anti-cytokine précoce peut freiner cette inflammation, prévenir les admissions en soins intensifs et limiter les lésions pulmonaires.
Sur 342 patients Covid-19 sévères avec tempête de cytokines, certains recevront des antirhumatismaux remboursés habituellement pour les formes graves, contre un traitement standard pour le groupe témoin. « Des études étrangères indiquent un bénéfice chez 75 % des cas, mais sans comparaison contrôlée », précise le Pr Lambrecht. « Nous évaluerons le meilleur médicament et l'intérêt d'une thérapie combinée. »