Plus de la moitié des cas de harcèlement en moins dans les écoles primaires néerlandaises après l'adoption du programme finlandais KiVa.

Les écoles néerlandaises ayant implémenté le programme finlandais KiVa ont enregistré plus de 50 % de harcèlement en moins.
Dans les écoles primaires néerlandaises et flamandes, environ un quart des enfants rapportent être régulièrement victimes de harcèlement. Près d'un enfant sur vingt en fait face quotidiennement ou hebdomadairement. Pour inverser cette tendance, le sociologue René Veenstra, de l'Université de Groningue, a évalué le programme finlandais KiVa. L'an dernier, 66 écoles primaires néerlandaises l'ont adopté, tandis que 33 autres, servant de groupe témoin, ont conservé leur approche habituelle. Au total, l'étude a concerné 10 000 élèves âgés de 9 à 12 ans.
Les résultats sont éloquents : dans les écoles KiVa, le harcèlement a chuté de plus de 50 %, contre seulement 30 % dans le groupe témoin – une baisse attribuable en partie à l'attention médiatique sur des cas tragiques de suicides liés au harcèlement. Au printemps 2012, 29 % des élèves des écoles KiVa signalaient un harcèlement mensuel ou plus fréquent ; ce taux est tombé à 13,5 % un an plus tard. Les cas quotidiens ont diminué des deux tiers. Les élèves perçoivent désormais le harcèlement plus négativement, montrent plus d'empathie envers les victimes et jugent leurs enseignants plus résolus face à ces comportements.
Qu'est-ce qui distingue l'approche finlandaise ? Le programme KiVa – acronyme finnois signifiant « sympa » et « Il n'y a pas de harcèlement ici » – est adopté dans plus de 90 % des écoles primaires finlandaises. Il cible non seulement harceleurs et victimes, mais toute la classe : les « auxiliaires » des bullies et les spectateurs passifs sont interpellés, car sans public, le harcèlement perd souvent son attrait.
Pendant l'année scolaire, les élèves néerlandais ont suivi dix leçons thématiques sur le travail en groupe, le respect, les conséquences du harcèlement et sa prévention. Ils ont aussi joué à un jeu informatique simulant des situations de brimade. Les chercheurs ont analysé les réseaux sociaux en classe via des questionnaires, aidant les enseignants à identifier cliques, harceleurs et victimes. Enfin, une « équipe anti-harcèlement » dédiée a été formée dans chaque école, servant de point de contact visible.
À l'avenir, René Veenstra vise à optimiser KiVa pour les écoles secondaires et à l'étendre au harcèlement chez les adultes, y compris en entreprise ou en maison de retraite. (lg)