Recevoir un bon traitement incite à agir moralement. Une bonne action permet aussi d'être moins politiquement correct. C'est ce que révèle une étude menée auprès de 1 200 personnes via une application mobile.

Quiconque est bien traité agit moralement. Une bonne action libère même de la politiquement correcte. Cette étude auprès de 1 200 personnes le confirme.
Le proverbe dit « Qui fait le bien rencontre le bien », mais c'est l'inverse : celui qui reçoit aide ou gentillesse tend à être gentil. Ce principe de « contamination morale » était connu en laboratoire. Une étude à grande échelle dans la vie quotidienne le valide désormais.
Un groupe international de psychologues, dont Mark Brandt de l'Université de Tilburg, a suivi plus de 1 200 Américains et Canadiens pendant trois jours via une app mobile. Les participants rapportaient cinq fois par jour s'ils avaient accompli, vécu ou entendu un acte moral ou immoral dans l'heure écoulée. Ils indiquaient aussi leurs émotions, leur bonheur et le sens de leur vie.
Les commérages dominent
Près de 4 000 actes ont été rapportés. Les actes immoraux entendus étaient deux fois plus fréquents que les moraux – les commérages ne surprennent pas. Les participants déclaraient plus souvent leurs propres actes moraux que immoraux.
L'analyse révèle une « contamination morale » : les bonnes actions incitent à en faire d'autres. Mais aussi une « auto-licence morale » : après une bonne action, on s'autorise une mauvaise (comme choisir une boisson light avant une glace). Recevoir du bien nous rend plus heureux et donne un sentiment de but à la vie. Peu de différences entre croyants et non-croyants en fréquence des actes, mais les croyants ressentent plus de culpabilité et honte après le mal.
Étude en « vraie vie »
La force de cette recherche réside dans son cadre réel, contrairement aux études labo hypothétiques (comme le dilemme du train : sacrifier un pour cinq). Les chercheurs, publiés dans Science (2020), estiment que ces principes inspirent des politiques préventives contre déchets ou agressions via la « contamination morale ». (lg)