Pourquoi certains enfants s'impliquent-ils pleinement dans leurs études tandis que d'autres peinent à le faire ? Dans cet article, nous explorons les interactions réciproques entre l'engagement scolaire, l'acceptation par les pairs et le soutien des enseignants, suivies sur trois ans (4e, 5e et 6e primaire).





"Pfff, je n'ai pas étudié pour le test aujourd'hui, je n'en avais vraiment pas envie" - Emma, 11 ans
"Je commence généralement mes devoirs tout seul le soir" - Senne, 10 ans
"Pendant les cours, je discute souvent avec les autres" - Jente, 12 ans
Le développement des enfants est profondément influencé par leur environnement et leurs interactions quotidiennes. La classe scolaire, où ils passent une grande partie de leur temps, joue un rôle clé. Comment les enseignants et les camarades modèlent-ils cet engagement ?
L'engagement scolaire mesure l'intensité et l'investissement émotionnel des élèves dans leurs activités d'apprentissage. Il est évalué par des items comme « J'aime faire mes devoirs scolaires, même si cela demande beaucoup d'efforts » ou « J'aimerais apprendre beaucoup à l'école ». Cet indicateur prédit le succès académique, réduit l'absentéisme et favorise le bien-être psychosocial. Malheureusement, il diminue souvent avec l'âge. Comment le stimuler ? Des recherches suggèrent que l'acceptation par les pairs et le soutien enseignant jouent un rôle positif.
L'acceptation par les camarades reflète le degré d'appréciation dont bénéficie un enfant au sein de sa classe. Elle est mesurée via des évaluations nominatives par les pairs, moyennées pour chaque élève. Plus les enfants grandissent, plus cette acceptation devient cruciale, corrélée à la compétence sociale et aux performances scolaires.
Le soutien enseignant se manifeste par l'appréciation, l'adaptation aux besoins des élèves, la disponibilité et l'investissement personnel. Mesuré par des questions comme « À quelle fréquence votre professeur vous fait-il sentir que vous êtes doué pour beaucoup de choses ? » ou « Dans quelle mesure votre professeur se soucie-t-il de vous ? », il favorise les progrès académiques et socio-émotionnels.
Dans notre étude longitudinale sur 586 enfants (4e à 6e primaire), nous avons analysé annuellement ces trois dimensions et leurs effets réciproques via des modèles statistiques.
Les analyses (voir figures ci-dessus) révèlent que l'acceptation par les pairs et le soutien enseignant boostent l'engagement scolaire un an plus tard. Inversement, l'engagement n'influence pas directement les relations avec pairs ou enseignant. De plus, une bonne acceptation par les pairs prédit un soutien enseignant accru, mais pas l'inverse.
Pour stimuler l'engagement faible, agissez simultanément sur le soutien enseignant et l'acceptation par les pairs : les effets sont synergiques. Des programmes comme Samen-Spell et Taakspel inspirent des approches positives, comme un contrôle bienveillant (voir blog 1 et blog 2).
Weyns T., Colpin H., De Laet S., Engels M., Verschueren K. (2017). Soutien des enseignants, acceptation par les pairs et engagement en classe : une étude longitudinale en trois vagues sur la fin de l'enfance. Journal of Youth and Adolescence, 1-12. doi:10.1007/s10964-017-0774-5
Engels M., Colpin H., Van Leeuwen K., Bijttebier P., Van Den Noortgate W., Claes S., Goossens L., Verschueren K. (2017). L'interrelation entre les relations enseignant-élève, le statut des pairs et l'implication comportementale. Kind en Adolescent, 38(3), 148-167. doi:10.1007/s12453-017-0149-4
Rédigé par Tessa Weyns, doctorante à la KU Leuven, sous la direction des Profs. Karine Verschueren et Hilde Colpin, spécialisée dans l'impact des enseignants et pairs sur le développement enfantin.
Publié aussi sur opgroeienblog.wordpress.com.
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