La recherche génétique démontre que le virus mortel H7N9 s'est propagé des oiseaux sauvages aux canards domestiques, puis aux poulets et enfin aux humains.

Découvert en mars 2013 en Chine, le virus H7N9 a infecté plus de 130 personnes, causant 40 décès. Des scientifiques chinois révèlent son origine dans la revue Nature.
Pour cette étude, les chercheurs ont analysé plus de 2 000 échantillons de tissus (intestins et voies respiratoires) prélevés sur poulets, canards, oies et autres volailles, ainsi que plus de 1 000 échantillons d'eau et d'excréments de marchés et zones humides. L'ADN viral a été séquencé pour tracer les liens génétiques.
Les virus influenza A, comme H7N9 ou H5N1, sont classés par sous-types selon deux protéines de surface : l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N), permettant diverses combinaisons.
Selon les experts, les virus H7 ont migré plusieurs fois ces dernières années des oiseaux aquatiques migrateurs vers les canards domestiques. Le gène N9 provient d'oiseaux sauvages près de Hong Kong. Le H7N9 aurait ensuite contaminé les poulets, où un échange génétique avec H9N2 a généré la souche actuelle.
Le virus s'est rapidement disséminé sur les marchés de volailles, facilitant sa transmission à l'homme. Les chercheurs ont aussi isolé un H7N7 apparenté, capable d'infecter des furets en laboratoire – modèle proche de la réponse humaine à la grippe. Ils alertent sur le risque d'autres virus H7 pour l'homme.
Face à ces passages successifs (oiseaux sauvages → canards → poulets → humains) et émergences de variants, les scientifiques recommandent de séparer canards et poulets sur les marchés. (ddc)
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