Une prédiction théorique formulée il y a quarante ans par des physiciens vient d'être confirmée expérimentalement avec brio.

La désintégration radioactive est traditionnellement un processus spontané et imprévisible. On ne peut déterminer précisément quand un noyau atomique instable se désintégrera, d'où le recours aux probabilités pour estimer le temps de transformation d'un isotope en un autre.
Cependant, depuis les années 1970, des théoriciens ont avancé qu'il serait possible de déclencher cette désintégration à volonté, en injectant un paquet d'énergie sous forme d'électron issu des orbites internes. Ces électrons, proches du noyau, ont une faible probabilité d'interagir avec protons et neutrons.
Des physiciens américains ont réussi cette prouesse en laboratoire. Ils ont induit la désintégration de noyaux de molybdène-93 (demi-vie d'environ 4 000 ans) à tout moment, en bombardant les noyaux avec des électrons d'énergie précise, correspondant aux orbites internes.
Ce délai de quatre décennies souligne la subtilité du phénomène naturel, expliquant potentiellement la persistance d'éléments lourds stables comme l'or et le platine dans l'univers.