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La moisissure du pain révèle comment l'évolution régule la coopération cellulaire

La moisissure du pain illustre parfaitement la manière dont l'évolution favorise la coopération au sein d'un organisme.

La moisissure du pain révèle comment l évolution régule la coopération cellulaire

Vivre en harmonie est un défi, même pour les cellules d'un même organisme. Les cellules cancéreuses, par exemple, se multiplient de manière égoïste au détriment de l'ensemble du corps.

La moisissure du pain Neurospora crassa fait face à un dilemme similaire : chaque noyau cellulaire peut produire ses propres spores pour transmettre ses gènes, au lieu d'investir dans la reproduction collective.

Dans une étude publiée dans Nature Communications, des chercheurs de l'Université de Wageningen ont soumis un champignon à une évolution expérimentale, favorisant des noyaux hyper-compétitifs. Résultat : une production globale de spores drastiquement réduite.

"C'est comparable à l'effet de trop de talents individuels dans une équipe sportive", explique le biologiste évolutionniste Duur Aanen. "Trop d'égoïsme nuit à la performance collective. Nous soupçonnions que la nature contrebalance cela par une parenté génétique étroite, et cette étude le confirme."

Précédemment, les moisissures issues de fusions génétiquement distinctes produisaient moins de spores que les souches pures.

À l'issue de l'expérience, les noyaux évolués dominaient la distribution des spores, mais leur manque de coopération a réduit la production collective jusqu'à 70 % par rapport à l'ancêtre.

"Quand les noyaux sont génétiquement identiques, il est avantageux pour tous de maximiser la production globale." Ainsi, la parenté génétique étroite est clé pour le succès des sociétés multicellulaires, comme le démontre cette recherche sur la moisissure du pain.

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