Les algorithmes d'intelligence artificielle identifient les métastases du cancer du sein dans les ganglions lymphatiques aussi précisément que les pathologistes humains.

Le Radboudumc de Nimègue a lancé un défi mondial aux programmeurs : développer un algorithme capable de détecter indépendamment les métastases sur des images histologiques du cancer du sein dans les ganglions lymphatiques. Pour entraîner leurs modèles, 23 équipes internationales ont reçu 270 lames numériques annotées indiquant la présence et la localisation des métastases.
Vingt-trois groupes de recherche du monde entier ont participé, soumettant au total 32 algorithmes. Ces derniers ont été testés sur 129 nouvelles lames. Les critères d'évaluation portaient sur deux aspects : la capacité à distinguer les lames avec et sans métastases, et à localiser précisément celles-ci dans les cas positifs.
Pour comparer les performances, les algorithmes ont été évalués face aux diagnostics de onze pathologistes expérimentés. Ces experts ont analysé les 129 lames dans des conditions hospitalières réalistes, sous contrainte de temps. Une pathologiste a toutefois bénéficié d'un temps illimité.
Les meilleurs algorithmes, basés sur l'apprentissage profond, ont excellé. Le plus performant affichait un faux positif de 1,25 pour 100 lames, égalant le pathologiste sans limite de temps et surpassant ceux sous pression temporelle.
Selon Jeroen van der Laak, coordinateur du concours, c'est la première fois qu'un ordinateur diagnostique aussi bien qu'un pathologiste. Cette technologie promet d'accélérer et d'améliorer la qualité des diagnostics, même en situation stressante. Elle pourrait bientôt être intégrée aux soins de routine, au bénéfice des patients.