Les adolescents victimes d'exclusion prolongée par leurs pairs montrent une réaction d'alarme renforcée dans le cerveau lors de nouvelles exclusions.

Les adolescents exclus pendant des années par leurs camarades de classe affichent une forte activation cérébrale d'alarme lors de nouvelles exclusions. Le harcèlement chronique les rend ainsi plus sensibles aux expériences sociales négatives.
Des chercheurs de l'Université de Leiden ont réalisé des IRM sur un large échantillon d'adolescents de divers milieux. Les résultats révèlent une activité accrue dans le «système d'alarme» neuronal – un réseau impliqué dans l'attention et les émotions négatives – chez les jeunes harcelés. Ce système, qui s'active face à des stimuli environnementaux urgents, réagit plus intensément chez ceux ayant subi une exclusion prolongée. Ils deviennent donc hypersensibles aux interactions sociales défavorables, augmentant les risques de sous-performance scolaire et de troubles psychologiques comme l'anxiété ou la dépression.
Une seconde étude met en lumière un contraste marqué avec les adolescents populaires : chez eux, le «réseau de contrôle» cérébral s'active moins lors d'une exclusion, facilitant une reprise sociale plus aisée.
Les scientifiques espèrent que ces recherches cérébrales éclaireront les effets bénéfiques de l'acceptation sociale et les conséquences néfastes de l'exclusion et du harcèlement. (ks)