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Fréquence cardiaque basse au repos chez les garçons : un risque accru de violence à l'âge adulte

Les garçons présentant une fréquence cardiaque au repos naturellement basse à l'adolescence sont plus susceptibles de commettre des actes violents à l'âge adulte que ceux ayant une fréquence plus élevée.

Fréquence cardiaque basse au repos chez les garçons : un risque accru de violence à l âge adulte

Une étude suédoise majeure révèle un lien entre faible fréquence cardiaque au repos et criminalité violente.

Parmi 100 hommes adultes ayant eu une fréquence cardiaque élevée au repos (>83 battements/minute) à 18 ans, 149 avec une fréquence basse (≤60 battements/minute) ont été condamnés pour violence. Ce chiffre grimpe à 167 pour les crimes violents graves, 143 pour les délits liés à la drogue, au vol et 128 pour les agressions routières.

Ces résultats proviennent d'une étude à grande échelle menée par des chercheurs de l'Institut Karolinska sur plus de 700 000 Suédois. Leur fréquence cardiaque a été mesurée à 18 ans et suivie sur des décennies. Même après ajustement pour le milieu socio-économique, le QI, la condition physique et les troubles psychiatriques, une faible fréquence cardiaque prédit un risque accru de crime violent.

Antti Latvala et ses collègues, dans JAMA Psychiatry (2020), notent qu'aucune causalité n'est établie. Deux hypothèses émergent : la recherche de stimulation (théorie de l'impulsivité) où les individus cherchent l'adrénaline via des actes risqués ; et l'intrépidité, où une faible réactivité au stress réduit la peur des conséquences ou de la victimisation.

Le risque est progressif : par rapport aux plus élevées (>83 bpm), il est de 49 % pour ≤60 bpm, 39 % pour 61-67, 32 % pour 68-74 et 19 % pour 75-82 bpm. Aucune association n'existe avec les crimes sexuels. Des variants génétiques pourraient lier faible fréquence cardiaque et comportement antisocial, ouvrant la voie à de futures recherches.

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