Un lien établi entre le glutamate, un neurotransmetteur essentiel, et la dépendance à l'alcool ouvre la voie à de nouveaux traitements prometteurs.

Alors que le niveau de glutamate chez les non-dépendants ne baisse qu'en cas de consommation réelle d'alcool, chez les personnes alcoolodépendantes, cette diminution survient déjà à la vue d'un simple stimulus.
Si la dopamine est souvent associée au plaisir addictif lié à l'alcool et aux drogues, le glutamate joue également un rôle majeur dans les envies compulsives. Selon une étude menée par des chercheurs de l'Université de l'Indiana, ce neurotransmetteur pourrait même être central.
Le glutamate est un messager neuronal ubiquitaire qui active d'autres cellules nerveuses, particulièrement dans le centre de récompense du cerveau, impliqué dans les mécanismes des addictions.
Des études précédentes sur des rats avaient déjà lié les niveaux de glutamate aux dépendances. Cette nouvelle recherche étend ces observations aux humains : 35 participants, dont 17 souffrant d'alcoolisme, ont été examinés via des stimuli comme l'image d'une bière fraîche. Résultat : une chute significative du glutamate chez les alcoolodépendants dès l'exposition au stimulus, contrairement au groupe témoin.
La même réduction se produit lors de la consommation effective. Les chercheurs expliquent cela par l'interaction directe : l'alcool et le glutamate se disputent le même récepteur, qui change de conformation en présence d'alcool, bloquant ainsi le signal du glutamate.
Chez les non-dépendants, la baisse n'intervient qu'à la consommation réelle. Cette sensibilité accrue au stimulus suggère un lien fort entre glutamate et addiction, ouvrant des perspectives pour de futurs traitements de l'alcoolisme et d'autres dépendances.