L'ocre rouge et jaune était largement employé à l'époque préhistorique pour les peintures rupestres et la décoration corporelle, y compris en Afrique.

Si les peintures rupestres évoquent souvent les grottes européennes comme Lascaux en Dordogne ou Altamira en Espagne, les populations préhistoriques africaines les pratiquaient également. Des fouilles menées dans la grotte de Porc-Épic, en Éthiopie, en apportent la preuve irréfutable.
Des archéologues espagnols et français ont mis au jour près de 4 000 fragments d'ocre, totalisant 40 kg, dans une couche stratigraphique datée de 40 000 ans. Les datations confirment une utilisation continue sur au moins 4 500 ans, surpassant de loin la durée de vie des pigments modernes. Des analyses microscopiques ont permis de reconstituer le processus de production : broyage de gros blocs en poudre fine.
Les résultats indiquent que les populations d'Afrique de l'Est extraient encore aujourd'hui l'ocre des carrières locales via un savoir-faire transmis sur des millénaires. Les chercheurs ont observé une évolution progressive dans les techniques : d'un broyage très fin initialement (probablement pour la peinture corporelle) vers une granulométrie plus grossière (adaptée aux peintures rupestres), suggérant un changement d'usages au fil du temps.