La manière dont les bébés apprennent à parler présente des similitudes étonnantes avec celle dont les jeunes pinsons zébrés (diamants mandarins) apprennent à chanter.

Des chercheurs de l'Université de New York ont révélé des parallèles frappants entre l'acquisition du langage chez les nourrissons et l'apprentissage du chant chez les oiseaux.
Ils ont analysé le comportement vocal de jeunes diamants mandarins. Ces oiseaux doivent maîtriser chaque nouvelle « syllabe » – un type de note distinct – individuellement, avant de l'intégrer à leur répertoire existant.
Ainsi, un pinson chantant une séquence répétée de tons A peut ajouter un nouveau ton B, mais uniquement aux extrémités de sa chanson (ex. : AAAB ou BAAA). Il ne le place pas aléatoirement au milieu (pas ABABA). Les transitions A vers B ou B vers A se forment progressivement, ne permettant l'usage central du nouveau ton qu'après quelques jours, une fois les connexions établies aux deux bouts.
Les scientifiques ont appliqué cette observation aux bébés. En cataloguant leur babillage, ils ont constaté le même schéma : un enfant produisant « ga ga ga » introduit « gu » d'abord au début ou à la fin (« gu ga ga » ou « ga ga gu »). L'usage libre et interchangeable n'apparaît qu'après maîtrise des deux positions.
Chez l'humain, ce processus s'enrichit rapidement de complexité, avec des enchaînements infinis de syllabes dans les deux sens (« gu ga », « ga bla », « bla gu », etc.).
Dina Lipkind, auteure principale de l'étude, et ses collègues attribuent cela à la formation de connexions neuronales bidirectionnelles dans le cerveau. Des travaux antérieurs de l'Université d'Utrecht confirment que ce mécanisme opère dans l'hémisphère gauche chez les diamants mandarins comme chez les humains. Seules des connexions complètes permettent un langage intelligible ou un chant fluide.