La zone cérébrale dite « zone 32 » joue un rôle clé de médiation entre les régions émotionnelles et celles responsables de la cognition.
La « zone 32 » empêche les zones émotionnelles de dominer
La région cérébrale connue sous le nom de « zone 32 », ou cingulaire antérieur prégénual, agit comme un médiateur entre les aires du cerveau traitant les émotions et celles impliquées dans le traitement cognitif. C'est ce que révèlent des recherches internationales menées par l'Université de Boston, entre autres.
Des neuroscientifiques ont examiné le cerveau de quinze singes rhésus. Ils ont observé que le cortex préfrontal dorsolatéral (DLPFC), responsable du traitement de l'information, présente peu de connexions directes avec la zone émotionnelle, le cingulaire subgénual ventromédian (ou « zone 25 »). En revanche, les deux régions sont reliées à la « zone 32 ». Les chercheurs ont utilisé des traceurs pour cartographier précisément ces connexions.

Le DLPFC, principal acteur cognitif, se connecte aux couches profondes de la zone 32, riches en neurones inhibiteurs capables de freiner l'activité cérébrale. Toutes les couches de la zone 32 sont quant à elles liées à la zone 25 émotionnelle.
Les scientifiques concluent que le DLPFC, via les neurones inhibiteurs de la zone 32, peut moduler les centres émotionnels. Ainsi, la « zone 32 » prévient une hyperactivité émotionnelle, favorisant un équilibre émotionnel sain.
Dans les troubles mentaux comme la dépression, cet équilibre est rompu : la zone 25 est hyperactive, tandis que le DLPFC est hypoactif, générant des émotions négatives incontrôlées.
Les neuroscientifiques ont aussi identifié de nombreux récepteurs NMDA dans la zone 25, cible de la kétamine, de plus en plus étudiée comme antidépresseur.
Ces résultats ont été publiés dans le Journal of Neuroscience.
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