Les astronomes ont développé une technique innovante pour prédire le rythme de formation des étoiles au sein des nuages de gaz moléculaires, véritables pépinières stellaires.

Cette avancée repose sur la reconstruction précise de la structure tridimensionnelle de ces nuages. La formation stellaire se produit dans d'immenses nuages interstellaires de gaz et de poussière. Lorsque des régions densément compactées émergent, la gravité les fait s'effondrer. Au cœur de ces collapses, quand température et pression atteignent des seuils critiques, les réactions de fusion nucléaire s'activent, donnant naissance à une étoile.
Le processus dépend essentiellement de la distribution de densité dans le nuage, souvent mal connue jusqu'ici. Trois astronomes ont conçu une méthode pour cartographier ces variations de densité. Ils exploitent l'extinction de la lumière des étoiles lointaines par la poussière du nuage. Leurs résultats, publiés cette semaine dans Science, sont issus d'une analyse de seize nuages moléculaires proches.
À l'aide de modélisations informatiques, ils ont estimé le nombre d'étoiles attendues et l'ont comparé aux observations. Résultat : seule la matière dépassant une densité de 5 000 molécules d'hydrogène par cm³ se contracte en étoiles. Ce seuil observé est bien inférieur à la densité critique théorique, indiquant que la formation stellaire démarre plus tôt que prévu.
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