Une équipe internationale d'astronomes a reconstitué l'arbre généalogique de notre galaxie, la Voie lactée, en utilisant l'intelligence artificielle.
Photo : Simulation informatique de notre galaxie, vue presque exactement "d'en haut". (Groupe de recherche Hopkins/Caltech)
Les propriétés des amas globulaires orbitant autour de la Voie lactée ont servi de base à cette découverte.
Les astronomes savent depuis longtemps que les galaxies grandissent en fusionnant avec des galaxies plus petites. Grâce aux données du satellite Gaia, cette dynamique a été confirmée pour notre propre galaxie. Par exemple, il y a 9 milliards d'années, la galaxie massive "Gaia-Encelade" a été absorbée. La nouvelle étude révèle une fusion antérieure majeure.
Les amas globulaires sont des regroupements compacts de centaines de milliers d'étoiles, presque aussi anciennes que l'Univers. Environ 150 de ces amas orbitent autour de notre galaxie, beaucoup issus de galaxies naines absorbées.
Sous la direction de Diederik Kruijssen (Université de Heidelberg) et Joel Pfeffer (Université John Moores de Liverpool), l'équipe a exploité ces "fossiles stellaires". Des simulations avancées modélisent la désintégration des amas une fois engloutis par une grande galaxie.
Grâce à un réseau de neurones artificiels, les scientifiques ont lié les âges, compositions chimiques et orbites des amas aux propriétés des galaxies prégénitrices formées il y a plus de 10 milliards d'années. Appliquée aux groupes d'amas, cette méthode a permis d'estimer le nombre d'étoiles et le moment des fusions.
Une découverte clé : il y a 11 milliards d'années, une galaxie naine nommée "Kraken" a percuté la Voie lactée, alors quatre fois moins massive qu'au moment de Gaia-Encelade, entraînant une transformation majeure.
Au fil de son histoire, notre galaxie a "cannibalisé" cinq galaxies de plus de 100 millions d'étoiles et 15 autres de plus de 10 millions d'étoiles. Les fusions les plus importantes datent d'il y a 6 à 11 milliards d'années.
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