À l'avenir, les greffes d'organes pourraient se passer de médicaments anti-rejet à vie.
Les transplantations de rein, de foie ou de cœur sauvent des vies. Cependant, les receveurs doivent souvent prendre des immunosuppresseurs à vie pour éviter le rejet par leur système immunitaire. Ces traitements entraînent des effets secondaires graves, comme une sensibilité accrue aux infections et aux cancers. Les chercheurs s'efforcent donc de rendre le système immunitaire tolérant aux organes étrangers sur le long terme.
Des scientifiques de l'Université du Minnesota ont développé une approche prometteuse. Une semaine avant la greffe, le receveur reçoit une perfusion de cellules sanguines du donneur traitées avec un composé chimique appelé ECDI, qui déclenche l'apoptose (mort cellulaire programmée). Ce processus imite la tolérance naturelle du système immunitaire : les cellules immunitaires de la rate absorbent les cellules apoptotiques et "apprennent" à ne pas attaquer les tissus du donneur.
Dans une étude sur cinq macaques rendus diabétiques de type 1 (par destruction des cellules productrices d'insuline), les chercheurs ont administré des cellules sanguines traitées du donneur une semaine avant la transplantation de cellules pancréatiques. Une seconde perfusion a suivi la greffe, avec des immunosuppresseurs limités à trois semaines. Même après arrêt des médicaments, les cellules transplantées ont survécu et produit de l'insuline.
Cette méthode semble pour l'instant limitée aux donneurs vivants (ex. : don de rein ou lobe hépatique), car elle nécessite une perfusion préalable. Des essais chez l'humain sont attendus pour confirmer son efficacité.