Vous n'appréciez plus votre travail ces derniers temps, malgré l'affection que vous lui portiez auparavant. Des tensions avec votre patron ou certains collègues vous pèsent. Vous redoutez chaque matin de vous rendre sur votre lieu de travail, au point de ne plus vouloir sortir du lit.
Dans un autre cas, une amie pleure encore la perte de son conjoint survenue il y a plus d'un an. Malgré le temps écoulé, elle ressasse sans cesse cet événement douloureux et n'éprouve plus d'intérêt pour les sorties ou les plaisirs. S'agit-il d'une réaction normale au deuil... ou d'une dépression ?
La compréhension de la dépression a beaucoup évolué. Autrefois qualifiée de mélancolie, de déclin ou de névrose dépressive, elle est aujourd'hui reconnue comme une véritable maladie aux conséquences durables. Néanmoins, de nombreux mystères persistent. Qu'est-ce exactement ? Comment la distinguer de la tristesse ou du chagrin ? Ces distinctions sont cruciales pour élaborer un traitement adapté.
Cet article propose une définition pratique de la dépression et explore ses liens avec d'autres troubles.
Comme tout trouble mental, la dépression repose sur un ensemble de symptômes spécifiques. Selon le DSM-5, le manuel de référence pour les diagnostics psychiatriques, elle est diagnostiquée en présence d'au moins cinq symptômes persistants pendant plus de deux semaines.
Ces symptômes doivent perdurer sans amélioration notable. Il est normal d'en ressentir après un événement traumatique comme un licenciement ou un deuil. Mais s'ils s'étendent sur des semaines, ils signalent un trouble plus grave.
D'autres causes, comme un déséquilibre thyroïdien ou une carence nutritionnelle, doivent être écartées avant tout diagnostic. La dépression peut aussi se manifester physiquement :
Elle altère la perception de la douleur au niveau cérébral, aggravant les douleurs chroniques ou migraines.
Après une perte, les symptômes de dépression et de deuil se chevauchent souvent : tristesse, troubles de l'appétit, concentration altérée, insomnie. Cependant, le deuil s'atténue progressivement, tandis que la dépression persiste sans réelle amélioration.
La dépression se distingue par une culpabilité intense, un sentiment d'inutilité et un risque suicidaire accru, absents dans le deuil simple. Dans le chagrin, des souvenirs positifs peuvent encore susciter de la chaleur affective ; la dépression, elle, envahit l'esprit de pensées négatives omniprésentes.
Dans les cas de "deuil compliqué" (trauma majeur ou prédisposition), le chagrin peut évoluer en dépression majeure nécessitant un traitement spécifique.
La dépression revêt diverses formes :
Trouble dépressif majeur (TDM) : Forme classique, avec au moins cinq symptômes pendant deux semaines ou plus.
Trouble dépressif persistant (dysthymie) : Humeur dépressive chronique pendant au moins deux ans, associée à d'autres symptômes.
Trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) : Symptômes mensuels pré-règles, incluant irritabilité et hypersensibilité au stress.
Alternance de dépression et d'épisodes maniaques (énergie excessive).
Épisode dépressif majeur survenant après l'accouchement.
Trouble affectif saisonnier (TAS) : Dépression récurrente en automne/hiver pendant deux ans consécutifs.
Dépression psychotique : Dépression associée à des hallucinations ou délires, nécessitant une prise en charge urgente.
Multifactorielle, elle résulte souvent d'une combinaison :
Génétique : Risque accru si antécédents familiaux.
Événements stressants : Réaction inadaptée à un divorce, deuil, etc.
Substances : Abus d'alcool/drogues ou effets secondaires médicamenteux.
Maladies physiques : Lien étroit entre santé physique et mentale.
Si ces symptômes persistent plusieurs semaines, consultez un médecin ou un professionnel de santé mentale. La dépression est traitable. Contactez un thérapeute sur BetterHelp pour un soutien adapté. Il y a de l'espoir au bout du tunnel.
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