Les estimations de la quantité d'eau dans les anciennes roches lunaires pourraient nécessiter un ajustement.

Des planétologues américains concluent que les cristaux d'apatite lunaires, riches en hydrogène, ne se sont pas formés dans un environnement aqueux abondant.
Sur la base de modélisations informatiques simulant la cristallisation de l'apatite dans le magma lunaire en refroidissement, des chercheurs américains remettent en cause les interprétations antérieures. Ces modèles indiquent que les cristaux d'apatite exceptionnellement riches en hydrogène, observés dans de nombreuses roches lunaires, ne nécessitent pas un magma riche en eau.
Pendant des décennies, les scientifiques pensaient la Lune quasi dépourvue d'eau. La découverte en 2010 d'apatite riche en hydrogène dans des échantillons lunaires avait changé la donne, suggérant une teneur en eau originelle significative. Cependant, ces nouvelles analyses montrent que ce n'est pas le cas.
La haute teneur en hydrogène de l'apatite lunaire résulte d'une particularité de la cristallisation. Bien que l'eau permette l'incorporation d'hydrogène dans la structure cristalline, l'apatite privilégie le fluor et le chlore. L'hydrogène n'intervient qu'en l'absence de ces halogènes.
Autrement dit, une fois les réserves de fluor et de chlore épuisées, se forment des cristaux d'apatite plus riches en hydrogène, sans que cela reflète la teneur initiale en eau du magma.
Cette découverte renforce la théorie dominante de la formation lunaire : un impact géant entre la Terre et un protoplanète de taille martienne aurait vaporisé les éléments légers comme l'hydrogène, expliquant l'aridité observée.
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